News - Février 2008
Sarkozy a révélé le plan Alzheimer
Le président Nicolas Sarkozy a révélé le 1 février son plan quinquennal sur la lutte contre la maladie d’Alzheimer qui touche actuellement 860 000 personnes âgées en France.
Le projet qui porte sur 1,6 billion d’euros, va permettre la création d’une nouvelle fondation de coopération scientifique et mettre en place un accompagnement medico-social pour aider les familles.
“C’est un engagement durable de l’Etat dans la lute contre la maladie” a annoncé Mr Le Président Sarkozy durant sa visite a Sophia Antipolis, prés de Nice.
“C’est un engagement personnel” a rajouté le Président, qui a choisi la maladie d’Alzheimer comme une priorité de la politique de la Sante durant sa campagne électorale.La plupart des fonds proviendront d’une nouvelle franchise médicale qui est en vigueur depuis le 1 janvier 2008.
“La France doit contribuer à faire basculer Alzheimer, en 10 ou 15 ans, dans le monde des maladies dont il est possible de stabiliser l’évolution. Dans quelques années, j’espère, on ne souffrira plus comme aujourd’hui, de la maladie d’Alzheimer »
Les grands axes du plan sont:
L’effort de recherche en faveur de la maladie d’Alzheimer sera sans précédent.
Oublié dans les politiques précédentes, l’effort de recherche s’élèvera à 200 millions d’euros sur cinq ans. Il sera piloté par une fondation de coopération scientifique, créée au premier semestre 2008 et dotée par l’Etat d’un capital de 15 millions d’euros. Rassemblant l’ensemble « Alzheimer » du département « neurosciences » de l’INSERM, cette fondation mettra en œuvre les mesures proposées par la commission présidée par le Professeur MENARD : soutien aux jeunes chercheurs et aux jeunes médecins, financement d’équipements lourds, synergies entre recherche fondamentale et recherche clinique, partenariats avec les industriels de santé.
Ce nouvel élan permettra à notre pays de rattraper son retard dans la recherche sur la maladie d’Alzheimer et favorisera la découverte en France d’un diagnostic validé et d’un traitement à l’efficacité indiscutable.
Les capacités de diagnostic seront augmentées et les conditions de l’annonce de la maladie améliorées.
Le volet sanitaire représentera une dépense de plus de 200 millions d’euros sur cinq ans. Ils permettront d’augmenter le nombre de structures hospitalières capables de faire le diagnostic de la maladie. 38 consultations mémoire de proximité et 3 centres mémoire de ressources et de recherche (CMRR) seront créés dans des hôpitaux d’ici à 2012, réduisant ainsi les délais d’attente pour obtenir un rendez-vous dans ce type de structure.
La mise en place d’un dispositif d’annonce de la maladie, avec l’élaboration d’un référentiel, permettra de mieux informer le malade au moment du diagnostic sur l’accompagnement médico-social dont il pourra bénéficier.
Chaque malade bénéficiera d’un environnement adapté à la spécificité de sa condition.
1,2 milliard d’euros seront consacrés à l’accompagnement médico-social sur cinq ans afin d’améliorer la qualité de vie des malades et de leurs familles. La priorité est de permettre le maintien à domicile car la majorité des personnes malades souhaitent rester chez elles. 500 équipes spécialisées, composées d’assistantes en gérontologie, de psychomotriciens ou d’ergothérapeutes, seront créées dans ce but, ce qui ouvrira 5 000 nouvelles places de services à domicile. En établissement, 30 000 places d’hébergement (dont 12 000 nouvelles places) feront l’objet d’un renforcement en personnel afin que les soins et les activités soient plus adaptés à la spécificité des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer (déambulations, troubles du comportement).
Une porte d’entrée unique dans le système de prise en charge sera proposée aux patients et aux familles, à travers les « Maisons pour l’autonomie et l’intégration des malades d’Alzheimer ». Elles joueront le rôle de guichet unique et de lieu d’orientation de la prise en charge, avec le conseil des médecins et des assistants sociaux.
Un métier nouveau sera créé, celui de coordinateur. Il sera le chef d’orchestre de la prise en charge sanitaire et médico-sociale du malade, assurera la liaison entre les équipes et garantira une véritable prise en charge multidisciplinaire adaptée à la situation de chacun. Son intervention s’adressera en priorité aux cas complexes.
1,3 million de personnes pourraient être atteints d’Alzheimer d’ici 2020 en France, et 2,1 million d’ici 2040. La dégénérescence du cerveau est la cause majeure de la perte d’autonomie chez les personnes âgées. Sarkozy veut organiser une conférence Européenne sur la maladie d’Alzheimer.
Source: Agence France-Presse, February 1; www.elysee.fr
La Stimulation profonde du cerveau peut améliorer la Mémoire
La stimulation profonde du cerveau (SPC), utilisée en traitement médical pour la maladie de Parkinson et autres désordres de mouvements, est maintenant étudiée pour son potentiel de traitement de plusieurs maladies dont Alzheimer. La SPC de l’hypothalamus a été utilisée pour traiter les maux de tête et les troubles d’agressivité chez l’être humain. La stimulation de cette zone influence l’appétit chez l’animal. Une nouvelle étude a découvert que la stimulation de l’hypothalamus, appliquée dans le traitement de l’obésité morbide, avait inexplicablement fait évoquer au patient des souvenirs autobiographiques. L’étude sera publiée en ligne dans les anales de la Neurologie, Le Journal Officiel de l’ANA.
Le Pr Andres Lozano, neurochirurgien à l’hôpital de Toronto (Ontario), est, par hasard , tombé sur un mécanisme surprenant de stimulation de la mémoire au cours d'une tentative expérimentale de stimulation cérébrale pour réduire un problème d’obésité morbide chez un homme âgé de 50 ans qui avait, auparavant, eu recours à d’autres traitements inefficaces.
Au cours de la tentative expérimentale de stimulation cérébrale avec des électrodes, le patient a soudainement eu un flash de mémoire et il a ressenti une impression de déjà-vu. Il avait à nouveau 20 ans, il reconnaissait sa petite amie de l'époque, les couleurs, les vêtements étaient précis, vivaces. Les sujets de ce souvenir parlaient dans un langage incompréhensible pour lui. Et le souvenir a duré tout le temps de la stimulation électrique.
Lors de cette SPC, le noyau ventro-médian de l'hypothalamus a été choisi pour cible. C'est une cible bien identifiée comme agissant sur l'appétit. Or ce noyau est à proximité immédiate du faisceau de Vicq-d'Azyr, un cordon nerveux qui appartient aux circuits de la mémoire.
Pendant la première visite qui a eu lieu deux mois après la sortie de l’hôpital, les chercheurs étaient en mesure de provoquer et d’enregistrer les effets de mémoire (souvenirs) dans la salle d’opération en allumant la stimulation électrique. Ils ont également évalué la mémoire du patient, avec et sans stimulation, et ont constaté qu’après trois semaines en continue de stimulation hypothalamique, le patient manifesta des progrès révélateurs au cours d’exercices d’apprentissage.
De plus, le patient avait tendance à se souvenir des objets insignifiants plus facilement lorsque la stimulation était en cours.
Les chercheurs concluent donc qu’autant la SPC peut influencer le moteur et les circuits limbiques, autant elle peut être appliquée pour moduler la fonction de mémoire et ainsi mieux comprendre les substrats neuronaux de la mémoire.